L'indépendance commence souvent par un simple désir : celui de choisir soi-même ses projets, ses horaires de travail et son mode de vie. Sans patron, sans bureau obligatoire et sans horaires imposés par autrui.
Mais pour un freelance ou un auto-entrepreneur français, cette liberté va souvent de pair avec une autre réalité. Un mois, les commandes affluent ; le mois suivant, des temps morts s’installent entre deux projets. Avoir quelques clients réguliers procure un sentiment de stabilité, mais crée en même temps une nouvelle dépendance. Si l’un d’entre eux part, cela se répercute immédiatement sur les revenus.
Je n'ai pas envie de retourner dans le salariat. Mais vivre constamment dans l'attente de la prochaine commande, ce n'est pas l'indépendance pour laquelle on a choisi de se mettre à son compte.
La liberté, qu'il faut sans cesse réaffirmer
Un professionnel indépendant n'a pas d'employeur, mais ses revenus dépendent toujours des décisions prises par d'autres.
Le client doit choisir précisément celui-ci. Valider l'offre. Approuver le budget. Signer le contrat. Accepter le travail. Régler la facture.
Pendant ce temps, le freelance ne se contente pas d'effectuer son travail principal. Il recherche de nouveaux contacts, répond aux demandes, mène des négociations, met à jour son book et se fait connaître auprès de ses anciens clients.
On se retrouve face à une situation étrange : une personne a quitté son emploi salarié pour mieux gérer son temps, mais elle est désormais contrainte de vendre régulièrement ce temps par ses propres moyens.
Lorsque l'on souhaite augmenter ses revenus, la carte habituelle propose des solutions tout à fait claires :
- trouver un autre client ;
- accepter un projet supplémentaire ;
- accéder à la plateforme proposant des missions ponctuelles ;
- ajouter un nouveau service ;
- créer un produit numérique ;
- concilier le travail en freelance avec un emploi à temps partiel.
Toutes ces options peuvent s'avérer utiles. Mais presque chacune d'entre elles exige la même chose : consacrer à nouveau du temps personnel. Il faut travailler davantage, mener davantage de négociations, préparer davantage de documents ou gérer un nouveau domaine d'activité.
Même un produit numérique, que l'on peut vendre à l'infini, doit d'abord être imaginé, créé, mis en forme et promu. Gagner un revenu supplémentaire implique donc, là encore, une charge de travail supplémentaire pour la personne concernée.
Il se peut que la question soit posée de manière trop restrictive
En général, la recherche d'une nouvelle source de revenus commence par la question suivante :
« Quel autre travail puis-je effectuer ? »
Pour un professionnel indépendant, c'est tout à fait logique. Il a l'habitude de gagner sa vie grâce à ses connaissances, à son expérience et à son temps. Sa valeur professionnelle se traduit par un service, et ce service, par une rémunération.
Mais on peut se poser une autre question :
« Quelle ressource dont je dispose est déjà capable d'accomplir un travail utile ? »
Pour de nombreux indépendants, cet outil se trouve directement sur leur bureau. L'ordinateur est avant tout considéré comme un outil : le graphiste y crée des maquettes, le développeur y écrit du code, l'architecte y construit des modèles, le monteur vidéo y assemble des vidéos, et le consultant y communique avec ses clients.
Pour autant, un ordinateur ne se résume pas à un écran, un clavier et un ensemble de programmes. Il renferme une puissance de calcul capable de traiter des données et d'effectuer des tâches numériques.
Et cette puissance peut être utile non seulement au propriétaire de l'appareil.
L'ordinateur en tant que ressource opérationnelle
Les réseaux numériques modernes ont besoin de ressources physiques réelles. Toutes les données doivent être stockées quelque part, tous les calculs doivent être effectués quelque part, et les services numériques doivent fonctionner sur quelque chose.
En général, l'utilisateur ne voit que le résultat final. Il ouvre une application, télécharge un fichier, lance un programme ou utilise un service en ligne. L'infrastructure qui rend tout cela possible reste dans les coulisses.
Mais même un simple particulier peut devenir propriétaire d'une petite partie de cette infrastructure.
Le principe est simple : il met à la disposition du réseau la puissance de calcul de son matériel. Le réseau utilise cette ressource pour effectuer des tâches numériques utiles, et le propriétaire reçoit une rémunération en échange de cette mise à disposition.
Dans ce modèle, on ne paie ni pour un nouveau logo, ni pour une consultation supplémentaire, ni pour une heure supplémentaire passée devant l'écran. C'est le site lui-même qui effectue le travail utile.
C'est là qu'intervient la principale révélation : les revenus ne sont pas nécessairement liés uniquement à la prochaine commande d'un client. Le matériel appartenant à une personne peut lui aussi contribuer à une activité utile et générer une source de revenus supplémentaire.
Cela ne change pas le métier, mais la façon dont on perçoit ce que l'on maîtrise déjà.
L'ordinateur reste un outil de travail, mais il commence en même temps à être perçu comme une petite ressource numérique productive. Sa valeur ne réside plus seulement dans ce que son propriétaire en fait, mais aussi dans le travail que sa puissance de calcul est capable d'accomplir.
Pour les possesseurs d’une carte graphique puissante, il est possible de le vérifier concrètement : DePIN Lite — Sleeping Gamer montre comment un ordinateur existant peut mettre à profit ses heures d'inactivité pour effectuer des calculs utiles.
Non seulement prestataire, mais aussi propriétaire d'une partie de l'infrastructure
La plupart des gens participent à l'économie numérique en tant qu'utilisateurs. Ils paient pour leurs services de communication, de stockage dans le cloud, leurs abonnements et l'accès à divers services. Même si toute leur vie professionnelle se déroule sur Internet, l'infrastructure elle-même appartient généralement à quelqu'un d'autre.
La possibilité de fournir son propre équipement réseau modifie ce rôle.
La personne reste freelance, designer, développeur, consultant ou propriétaire d'une petite entreprise. Mais à côté de ce rôle habituel en apparaît un autre : celui de propriétaire d'une ressource physique indispensable au système numérique.
La différence semble minime, mais elle revêt une importance considérable.
L'exécutant est rémunéré pour son propre travail. Le propriétaire de la ressource est rémunéré pour le travail utile fourni par l'équipement qui lui appartient. Dans le premier cas, une nouvelle rémunération nécessite généralement une nouvelle tâche. Dans le second, la puissance de calcul disponible devient la source de valeur.
Ce n'est pas un simple petit boulot de plus à caser entre vos projets en cours. Ce n'est pas non plus un service de plus pour lequel vous devrez chercher des clients. C'est une manière à part entière de participer à l'économie numérique, en devenant propriétaire d'une partie opérationnelle de celle-ci.
Pour une personne indépendante, cette idée semble tout à fait naturelle. Elle a déjà l'habitude de prendre ses décisions seule, de gérer ses propres outils et de ne pas lier tout son avenir à un seul employeur. Désormais, cette autonomie peut s'étendre non seulement à son travail, mais aussi aux ressources numériques qui lui appartiennent.
Une porte de plus au lieu d'un service de plus
Quand on a un peu de temps libre entre deux commandes, la première pensée qui vient souvent à l'esprit est la même : il faut trouver un travail d'appoint.
Mais la disponibilité n'est pas le seul atout d'un professionnel indépendant. Il dispose également d'un équipement, d'un accès à l'environnement numérique et de ressources qui peuvent être sollicitées par le réseau.
Ainsi, l'éventail des possibilités, si familier, s'élargit.
Un revenu supplémentaire ne signifie plus nécessairement un nouveau client, un projet supplémentaire ou un service de nuit sur la plateforme. Il peut découler de l'activité principale, grâce à une ressource dont dispose la personne et qui est susceptible d'apporter une valeur ajoutée à l'infrastructure numérique.
C'est une nouvelle dimension de l'autonomie. Il ne s'agit pas de devoir travailler davantage, mais d'avoir la possibilité de considérer son propre équipement sous un autre angle : non seulement comme un moyen d'exécuter des commandes, mais aussi comme un élément d'un système opérationnel plus vaste.
Tout un univers est en train de se construire autour de cette idée, dans lequel les gens ordinaires ne se contentent plus d'être de simples utilisateurs de l'infrastructure numérique. Ils mettent leurs propres ressources physiques à la disposition des réseaux et deviennent propriétaires de petites parties de cette infrastructure.
GUIDE du monde DePIN — la prochaine étape pour découvrir cet univers : comment votre équipement personnel peut se transformer en une ressource réseau utile et quelles sont les différentes formes de participation possibles. Car parfois, une nouvelle source d’autonomie ne commence pas par la question « où trouver une nouvelle commande », mais par une idée inattendue : « Et si ce que je possède déjà pouvait aussi fonctionner ? »
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